Le bonheur tient à peu de choses, vraiment trop peu de choses. Peut-être que le mot bonheur est ici inapproprié. Humeur serait plus juste. Le problème avec les humeurs, c'est qu'on ne les contrôle jamais et qu'elles changent en un très court instant.Une simple conversation, un simple mot, une réflexion qui se voulait sans conséquences, une expression mal interprétée, un simple bonjour... Un seul geste, un infime mouvement, un regard furtif, un message subliminal ou une déception inconsciente peuvent tour à tour illuminer ou plonger dans les ténèbres une journée qui est sur le point de commencer, un repas déjà entamé, une soirée pleine d'inconnues ou une nuit encore innocente. Une simple intonation peut tout changer. Le pire, c'est par outil de communication interposé. Ce qui est dit et ce qui est perçu ne sont que très rarement similaires, facilitant d'autant plus la naissance d'un doute inutile, de craintes injustifiées, ou à l'inverse de satisfactions non méritées... En l'espace de quelques secondes, l'avoir loin de moi peut me paraître seulement difficile à vivre, intolérable, voire tellement insupportable que tout, absolument tout ce qui pourrait atténuer cette douleur est bon à prendre. Et pourtant. Ce n'est qu'un leurre. La douleur n'est pas atténuée, elle est détournée, cachée, retardée, et ce pour revenir pernicieusement, vicieusement quelques temps après, au moment-même où l'on croit que c'est fini...alors que ça ne fait que commencer... Et alors, inlassablement, la douleur reprend son ignoble besogne que de nous détruire.
Et avec elle, on a rarement le dernier mot. Alors, on ne dit rien, et on subit. Parce qu'il y a malgré tout, toujours bien pire que nous. On n'a pas tellement le droit de se plaindre, tout compte fait...Mais ce n'est pas pour autant que l'on ne souffre pas... L'humain et son éternelle insatisfaction sont ridicules...
Et avec elle, on a rarement le dernier mot. Alors, on ne dit rien, et on subit. Parce qu'il y a malgré tout, toujours bien pire que nous. On n'a pas tellement le droit de se plaindre, tout compte fait...Mais ce n'est pas pour autant que l'on ne souffre pas... L'humain et son éternelle insatisfaction sont ridicules...